[{"data":1,"prerenderedAt":28},["ShallowReactive",2],{"story-queyras-traversee-anthologie-ski-de-rando":3},{"id":4,"created_at":5,"slug":6,"title":7,"pictures":8,"content":24,"url_video":25,"teaser":26,"meta":27},1,"2025-03-25T10:34:54.365905+00:00","queyras-traversee-anthologie-ski-de-rando","Le Queyras, une traversée d'anthologie en ski de randonnée ",[9,12,15,18,21],{"alt":10,"url":11},"Mont Salsa Queyras","https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures//mont_de_salsa.jpg",{"alt":13,"url":14},"Ski de rando alpinisme queyras","https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/escalade-queyras.jpg",{"alt":16,"url":17},"Refuge Franco Boerio Queyras","https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/refuge-franco-boerio.jpg",{"alt":19,"url":20},"Ski de rando lac Bleu","https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/ski-de-randonnee-lac-bleu.jpg",{"alt":22,"url":23},"Bric de Rubren couvert de neige dans une mer de nuages","https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/bric-de-rubren-ski-rando-queyras.jpg","\u003Cp>\u003Ccode>‍\u003C/code>\u003Cem>‍\u003C/em>‍\u003Cem>‍\u003C/em>La traversée du Queyras en ski de randonnée nous semblait une aimable initiation. Une entrée en matière sans brusquerie, histoire de voir...\u003Cbr>Quatre jours d’abord avec Côme, magnat de la montagne, et Augustin traditionnel&nbsp;acolyte d’aventure. Puis, au mitan du périple, permutation : Augustin sortirait du cadre, remplacé par Nestor et Timothée.\u003C/p>\u003Ch2>\u003Cstrong>Jour 1\u003Cem>: L'Echalp - Refuge d'hiver du Viso\u003C/em>\u003C/strong>\u003C/h2>\u003Cp>Après ce qu’on pourrait appeler une bonne sieste, le train de nuit nous dépose à Guillestre, caravansérail des randonneurs et verrou naturel entre les vallées du Guil et de la Durance.\u003C/p>\u003Cp>Sur la route menant au départ de l’expédition à Abriès, la citadelle Vauban de Mont-Dauphin dresse sa silhouette austère, témoin muet des luttes d’antan où Français et Savoyards s’arrachaient ces montagnes à coups de sièges et de trahisons. J'en profite pour apprendre l’existence de la Ligue d’Augsbourg, une vaste coalition où l’Europe entière s’était liguée contre Louis XIV, bien décidé, lui, à étendre son royaume. En 1690, sous la pression du Saint-Empire, du pape et de l’Angleterre, le duc de Savoie changea de camp et rejoignit l’alliance. Mal lui en pris : l’armée royale ne fit pas dans la dentelle. De la Maurienne jusqu’au Piémont, la vallée fut ravagée, incendiée, réduite en cendres sous les assauts français. Les affrontements s’étirèrent encore, des années durant, jusqu’en 1713, où le traité d’Utrecht vint enfin mettre un point final à ces querelles récurrentes. Une signature, quelques lignes, et la Savoie, notamment, cessa d’être un problème pour la France.\u003C/p>\u003Cp>Nous arrivons enfin à notre point de départ. Là, après un ravitaillement dont nous mesurerons bientôt les limites, beaucoup trop maigre en génépi, c’est une certitude, nous chaussons les skis et prenons la route du refuge d’hiver du Viso.\u003C/p>\u003Cp>Sur notre forme physique, nous n’avons aucun doute. Augustin et moi fanfaronnons : aucune montée ne nous effraie. Côme, lui, feint la modestie, pas une fusée, jure-t-il. La blague... Après deux virages, il file déjà devant, tandis que nous, derrière, tentons de sauver la face.\u003C/p>\u003Cp>Le décor s’ouvre peu à peu, les mélèzes s’effacent au profit d’un univers de roc et de glace. La Lombarde, qui a soufflé les jours précédents, a balayé les faces Est, amassant la neige sur les versants Ouest.\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/refuge-du-viso-et-mont-viso.jpg\" alt=\"Refuge d'hiver du mon viso et le sommet du mont viso avec un ciel rose\" style=\"width: 80%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;  text-align: center;\">\u003Cem>Refuge d'hiver du Mont Viso et le dit Sommet\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003C/figure>\u003Cp>Nous trouvons le refuge du Viso fermé. Un problème de poignée, de serrure, impossible d’y entrer malgré tous nos efforts. Trois options s’offrent alors à nous : remonter un couloir raide de 200 mètres jusqu’à la pointe Venezia, où un abri militaire prévu pour deux nous attend ; basculer sur le versant italien et rejoindre le refuge d’hiver de Vallante ; ou, plus simple, dormir dans une cabane de berger des environs.\u003C/p>\u003Cp>L’appel pressant du génépi et sa proximité nous font évidemment opter pour la cabane, au demeurant très confortable, un rez-de-chaussée en terre battue, une table, une mezzanine et six lits.\u003C/p>\u003Cp>Loin de toute présence humaine, nous faisons un véritable festin : boulgour, sauce aux petits légumes, la bouteille de génépi vidée jusqu’à la dernière goutte. On joue aux cartes, repus, heureux.\u003Cbr>‍\u003Cstrong>\u003Cem>‍\u003C/em>\u003C/strong>\u003C/p>\u003Ch2>\u003Cstrong>Jour 2: \u003Cem>Refuge d'hiver du Viso - Chianale\u003C/em>\u003C/strong>\u003C/h2>\u003Cp>Le deuxième jour, la montagne nous rappelle à l’ordre : \u003Cstrong>jour blanc\u003C/strong>, neige en continu, rafales sur rafales. Nous n’avons pas signé pour ça, mais la montagne, elle, n’a rien signé du tout.\u003C/p>\u003Cp>Nous montons durant deux heures, les couteaux de nos skis mordent la pente raide de la pointe Joanne, le souffle court, les visages fouettés par le froid. De petits stalactites s’accrochent à nos moustaches.\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/pointe-joanne.jpg\" alt=\"pointe joanne queyras\" style=\"width: 90%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003C/figure>\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;  text-align: center;\">\u003Cem>Montée à la Pointe Joanne dans la tempête\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cp>Et puis, enfin, la vallée tant espérée se dévoile. La Lombarde avait sévi les jours précédents, raclant ce versant sud jusqu’à la roche. Dans le Nord-Pas-de-Calais, on skie paraît-il sur des terrils, au Qatar dans des centres commerciaux. Nous, avec un brio certain, allons skier entre buissons, prairies et rochers.\u003C/p>\u003Cp>La descente est à la hauteur du reste : éprouvante. Plus longue encore que la montée, plus technique aussi. Augustin, lui, commence à préparer sa désertion. Subitement, il nous annonce qu’il a mal au pied.\u003C/p>\u003Cp>Le bivouac Olivero, objectif initial, reste hors de portée. À la place, nous arrivons dans un village désert : \u003Cstrong>Chianale.\u003C/strong>\u003C/p>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/descente%20a%20chianale%20et%20la%20famille%20d'accueil%20(1).jpg\" alt=\"chianale, accueil dans le magasin de décoration par la famille qui nous a aidé\" style=\"width: 100%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;\">\u003Cem>La descente au village et notre couple d'anges gardiens\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003C/figure>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cp>Là, nous rencontrons Daniel notre ange gardien, chef d’une jolie famille dont tous parlent un français impeccable; héritage, nous disent-ils, de cette région autrefois occitane.\u003C/p>\u003Cp>Ils nous recueillent dans leur magasin de décoration, nous ouvrent la salle des fêtes, allument le poêle à granulés et, comme s’ils avaient lu dans nos esprits, nous glissent un pack de bières.\u003C/p>\u003Cp>Une fois de plus livrés à la providence, je mesure la bonté de ces hommes et femmes qui, sans hésiter, ouvrent leur porte aux aventuriers improvisés que nous sommes.\u003C/p>\u003Ch2>\u003Cstrong>Jour 3: \u003Cem>Chianale - Bivouac Enrico Olivero\u003C/em>\u003C/strong>\u003C/h2>\u003Cp>Ce matin-là, la famille italienne nous accueille avec un café serré et des biscuits du coin. Beatrice, la mère, sculpte des boules décoratives dans du pin cembro, essence typique du Mont Viso, précise-t-elle, tout en nous bombardant de questions. Son geste est vif, précis, hypnotisant.\u003C/p>\u003Cp>Le couple nous raconte les histoires du village, un hameau de trente âmes l’hiver, contre deux mille l’été. L’une d’elles me marque particulièrement : en 2005, il était tombé quatre mètres de neige en trois jours. Entrées condamnées, habitants évacués, il avait fallu faire venir une dameuse de la vallée pour dégager la route. Mais à force de tailler dans la congère, elle ne vit pas qu’elle montait… sur un amas de voitures ensevelies, traçant, sans s’en rendre compte, une route suspendue au-dessus des véhicules.\u003C/p>\u003Cp>Augustin, lui, avait médité toute la nuit. Ses pieds le faisait trop souffrir pour continuer. Il décide de rentrer en France en stop. Trois heures et demie de voiture, soit peu ou prou le temps qu’un bon marcheur mettrait à pied, l’hiver bloquant les grands cols.\u003C/p>\u003Cp>Reste à savoir qui, de Côme ou moi, sera le dernier survivant de cette aventure. J'étais prêt à employer les grands moyens.\u003C/p>\u003Cp>Nous partons revigorés par cette nuit au chaud. La météo, miraculeusement clémente, nous escorte sur les premiers mètres du col Agnel, avant que nous ne bifurquions plus au sud. En contrebas, des fortifications délabrées racontent encore le temps où des douaniers surveillaient ces montagnes, aujourd’hui livrées au vent et à l’oubli.\u003C/p>\u003Cp>Nous gravissons la forêt, crampons aux pieds, slalomant entre mélèzes et pins. À la lisière, la pente se redresse. Il faut déchausser à plusieurs reprises, escalader de courtes parois rocheuses. Une fois, je me retrouve bloqué, tandis que Côme franchit l’obstacle avec une aisance suspecte. Je comprends alors son petit jeu : il cherche clairement à se débarrasser de moi. Je ne vais pas me laisser faire.\u003C/p>\u003Cp>Arrivés au lac Bleu, à mi-parcours, nous faisons une pause déjeuner. Face à nous, le mont Viso. Avec ses 500 mètres de plus que ses voisins, il domine le paysage d’une arrogance fascinante. Je comprends alors pourquoi les Romains le considéraient comme la plus haute montagne des Alpes. Les chamois courent sur les falaises.\u003C/p>\u003Cp>Vers 17 h, nous atteignons le sommet de notre ascension, prélude à une descente parfaite vers le bivouac Enrico Olivero. Un moment suspendu, hors du temps, une glisse fluide dans une poudreuse divine, les yeux rivés sur l’horizon rosé.\u003C/p>\u003Cp>Nous arrivons au bivouac, en guise de bienvenue, une bouteille de vin blanc trône sur la table, accompagnée d’un petit mot griffonné : \u003Cstrong>« Bouteille ouverte pour une superbe fondue le 3/10. Servez-vous. »\u003C/strong> Je n’aime pas qu’on me donne des ordres, mais celui-là, j’obéis sans discuter.\u003C/p>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/Lac%20noir%20et%20Viso%20Queyras.jpg\" alt=\"Ciel rose au col du longet une vue magnifique sur le mont Viso, Côme à les skis sur le dos\" style=\"width: 100%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;\">\u003Cem>Couleurs de fin de journée vers le Bivouac Olivero\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003C/figure>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/bivouac%20Olivero.jpg\" alt=\"\" style=\"width: 100%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;\">\u003Cem>Bivouac Olivero et sa vue sur le Mont Viso\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003C/figure>\u003Cp>\u003C/p>\u003Ch2>\u003Cstrong>Jour 4: \u003Cem>Bivouac Olivero - Refuge de la Blanche - Guillestre\u003C/em>\u003C/strong>\u003C/h2>\u003Cp>La mission du jour : récupérer Nestor et Timothée à Guillestre et, tant qu’à faire, nous ravitailler.\u003C/p>\u003Cp>Nous nous réveillons de bonne heure. Les gourdes sont gelées, -2°C dans le bivouac. Rien d’étonnant : une vague de froid s’etait installée sur les Alpes depuis plusieurs jours, et la nuit, la température était tombée à -15°C.\u003C/p>\u003Cp>Nous nous mettons en route, longeant une crête jusqu’au pied de la Tête de Toilies. La météo ? Couverture nuageuse sur le versant italien, ciel dégagé côté français. J’apprends plus tard que c’est monnaie courante ici : la plaine du Pô fait remonter beaucoup d’humidité vers le nord, et les nuages, butent contre la muraille alpine, et viennent mourir autour du Viso.\u003C/p>\u003Cp>Après deux heures d’ascension, nous atteignons le col. L’ascension de la Tête de Toilies, un temps envisagée, est vite abandonnée : sans corde, trop risqué. On la remettra à l’été.\u003C/p>\u003Cp>Pour passer côté français, il faut descendre à l’ouest. Tout en bas, on aperçoit la chapelle de Saint-Véran, minuscule dans l’immensité blanche. Entre elle et nous, une pente à 50°, un mur de neige miné de rochers où la chute ne pardonne pas. Côme, bien sûr, y voit une formalité. Je comprends vite qu’il compte encore se débarrasser de moi. Il me faut parlementer, négocier un autre itinéraire. Finalement, nous obliquons vers le sud du cirque, en quête d’une pente plus clémente.\u003C/p>\u003Cp>Pour cela, nous devons suivre la crête, monter à la Petite Tête Noire avant de pouvoir rechausser et glisser vers la vallée. Nous levons les yeux pour repérer notre itinéraire et, là, moment suspendu : un bouquetin solitaire, posté vingt mètres au-dessus de nous, nous toise un instant avant de détaler. Il a fui, mais pas assez vite pour échapper à l’objectif du Panasonic S5D de Côme.\u003C/p>\u003Cp>\u003Cbr>\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/bouquetin.jpg\" alt=\"bouquetin galopant en haute montagne dans un décor de neige et de rocs \" style=\"width: 75%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;\">\u003Cem>Le fameux bouquetin taciturne\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003C/figure>\u003Cp>La courte montée nous offre par endroits des à pics vertigineux. Arrivés en haut, un caillou sur le cairn rituel oblige, puis nous chaussons et amorçons la descente.\u003Cbr>\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/petite%20tete%20noir%20queyras.jpg\" alt=\"\" style=\"width: 90%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003C/figure>\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;  text-align: center;\">\u003Cem>La petite tête noire et Serge le Bouquetin\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cp>Vingt minutes de pur bonheur. De la poudreuse parfaite, des courbes ciselées avec minutie. Le genre de descente où le monde disparaît, où seule compte la ligne qu’on dessine dans la pente.\u003C/p>\u003Cp>Arrivés au refuge de la Blanche : une grosse bière, quelques accords de guitare, une partie d’échecs. Le luxe. Pour la première fois en quatre jours, nous sommes vraiment au chaud. En ville, rien qu’un confort ordinaire, ici, une bénédiction. Les rencontres, elles, se font naturellement, sans préambule ni fioritures, le décor sert d’amorce à chaque conversation, comme si parler de la montagne suffit à tout dire.\u003C/p>\u003Cp>\u003C/p>\u003Ch2>\u003Cstrong>Jour&nbsp;5: \u003Cem>Saint-Véran - Bivacco Olivero\u003C/em>\u003C/strong>‍\u003C/h2>\u003Cp>Nous repartons de Guillestre, après une nuit dans une auberge de jeunesse. La journée annonce sportive : départ tardif, longue étape pour rallier le bivouac Olivero, et, cette fois, deux nouveaux compagnons dans l’équipe.\u003C/p>\u003Cp>Nestor, futur psychiatre, Timothée, futur chirurgien \"spécialité molle\" et Côme ménent la danse. Une manière élégante de dire que je suis à la traîne. Un peu avant 14 h, nous atteignons le refuge de la Blanche. Juste le temps d’un dernier café serré, d’un plein rapide des bouteilles pour les trois jours à venir, et nous sommes repartis.\u003C/p>\u003Cp>Nous montons dans une poudreuse épaisse, direction le col du Blanchet. \u003Cstrong>Jour blanc, \u003C/strong>peu de relief, ni d’horizon. Nous atteignons le sommet à la tombée de la nuit. Reste la descente vers le bivouac Olivero\u003Cstrong>. \u003C/strong>Nocturne, cette fois.\u003C/p>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/descente%20de%20nuit%20col%20du%20blanchet.jpg\" alt=\"descente à ski de nuit depuis le col du blanchet, ombres de skieurs et lumières frontales \" style=\"width: 90%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003C/figure>\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;  text-align: center;\">\u003Cem>Descente de nuit du col du Blancet vers le bivouac Olivero\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003Cp>\u003C/p>\u003Ch2>\u003Cstrong>Jour 6: \u003Cem>Bivouac Olivero - Bivouac Franco Boerio\u003C/em>\u003C/strong>\u003C/h2>\u003Cp>Aujourd’hui, nous devons rejoindre le bivouac Franco Boerio, perché à 3 100 m. Sa forme, sa manière de se fondre dans le décor, ses lits douillets, tout en lui m’avait fait rêver.\u003C/p>\u003Cp>Nous filons vers l’est, sous le pic de Rubren et sa roche orangée, avant d’attaquer la montée vers le col de Salsa. Les pentes se redressent, les conversions s’enchaînent, plus assurées qu’au premier jour. Petit à petit, le dénivelé se gagne.\u003C/p>\u003Cp>Au col, l’évidence s’impose : le mont Salsa\u003Cstrong>.\u003C/strong> D'un côté une crête escarpée, de l'autre une pente lisse nappée d'une neige immaculée. Nous ne pouvons pas passer à côté. Les derniers mètres sont raides : nous déchaussons, enfilons les crampons et progressons lentement jusqu’à la croix sommital. 3 400 m. Panorama incroyable\u003Cstrong>.\u003C/strong> Un 360° à couper le souffle. Au loin, le mont Blanc flotte au-dessus des crêtes.\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/Mont-de-salsa-queyras.jpg\" alt=\"vue drone de 4 skieurs en haut du mont salsa, falaises en à-pics, croix sommital et panorama magnifique des alpes italienne dans l'arrière plan\" style=\"width: 90%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003C/figure>\u003Cp>Je sors le drone. Trois minutes chrono\u003Cstrong>.\u003C/strong> Le temps d’un parallaxe complet avant que mes doigts ne gèlent.\u003C/p>\u003Cp>La descente est un vrai régal. Une neige parfaite, une glisse fluide, l’impression de voler. Nous atterrissons sur le lac de Mongoia. Face à nous, dans un halo lumineux, le bivouac siège.\u003Cbr>\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures/queyras/bric-de-rubren-ski-rando-queyras.jpg\" alt=\"descente à ski vers le refuge Franco Boerio avec le bric de rubren, en arrière plan\" style=\"width: 90%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003C/figure>\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;  text-align: center;\">\u003Cem>Le bric de Rubren et la descente vers le lac Mongoia\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003Cul>\u003Cli>\u003Cp>\u003C/p>\u003C/li>\u003Cli>\u003Cp>-15°C dehors. Nous profitons des dernières couleurs pour quelques photos. À l’est, la montagne plonge si brutalement que la vallée apparaît en entier. Turin\u003Cstrong> \u003C/strong>scintille au loin. Nous sommes seuls, absolument seuls.\u003C/p>\u003C/li>\u003C/ul>\u003Cp>Un bon jeu de société, un risotto fumant, du jazz en fond sonore. Le monde s’arrête là\u003Cstrong>.\u003C/strong> Chaque geste devient une célébration : manger un plat chaud, faire fondre de la neige, boire un thé. Le luxe tient à peu de choses.\u003C/p>\u003Cp>\u003Cbr>\u003C/p>\u003Cfigure style=\"text-align: center;\">\u003Cimg src=\"https://seoymlsonqafoasuhnhg.supabase.co/storage/v1/object/public/pictures//bivouac-Boerio-ski-rando.jpg\" alt=\"3 silhouettes de skieurs marchant sur la neige immaculée du lac Mongoia avec le bivouac Franco Boerio à l'arrière plan \" style=\"width: 90%; display: block; margin: 0 auto;\">\u003C/figure>\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;  text-align: center;\">\u003Cem>Derniers mètres à l'approche du bivouac Boerio\u003C/em>\u003C/figcaption>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cp>\u003C/p>\u003Cfigcaption style=\"font-style: italic; font-size: 14px; color: gray;  text-align: center;\">\u003C/figcaption>\u003Cp>\u003C/p>",null,"La traversée du Queyras en ski de randonnée nous semblait une aimable initiation. Une entrée en matière sans brusquerie, histoire de voir...","Récit immersif de six jours de ski de randonnée dans le Queyras : cols sauvages, tempêtes, refuges perdus, rencontres providentielles et ascensions face au Mont Viso. Une aventure entre humour, histoire et grand blanc.",1779969838077]